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Depuis déjà onze ans, Graphisme en France s’est donné pour mission d’explorer le territoire vaste, dynamique et passionnant de la création graphique contemporaine dans notre pays. Après avoir abordé des sujets aussi divers que la typographie, l’actualité du graphisme dans le secteur de l’édition, la pratique de la commande, ou les lieux de la diffusion de la création graphique, cette nouvelle livraison s’attache à la question de l’histoire du graphisme.
Il s’agit,ici, de faire le point sur cette discipline encore relativement jeune, du moins dans notre pays, et sur les enjeux de sa constitution en sujet de recherche, d’enseignement, et de transmission.
Outil d’information, qui répertorie lieux, événements, bibliographie, ouvrages, cette publication veut également contribuer au développement d’une véritable culture critique du graphisme, et à sa diffusion auprès du plus large public.
Comme chaque année, calendrier et informations sont également consultables sur le site www.cnap.fr.

Cette dixième parution de Graphisme en France est une parfaite occasion de le redire : le graphisme est une pratique majeure de la création contemporaine. Une pratique qui a connu, dans notre pays, au cours des dernières années, une vitalité, une visibilité et un rayonnement renouvelés. Je me réjouis que le ministère de la Culture et de la Communication, au travers de l’action de la Délégation aux arts plastiques, ait pu y contribuer, et tiens à réaffirmer notre volonté de construire, avec de nombreux partenaires, un territoire qui favorise mieux encore sa connaissance, sa reconnaissance, et son développement.
Le dossier central de cette année est consacré au graphisme dans le domaine de l’édition. Cela peut sembler une évidence, et pourtant force est de reconnaître que la dimension graphique des ouvrages, la manière dont ils se donnent à voir, est trop souvent mésestimée. Puisse cet état des lieux contribuer à une meilleure perception du rôle déterminant des graphistes dans le processus de conception et de réalisation du livre, de la place qu’ils occupent au cœur même de notre rapport à l’écrit.
La dernière décennie a été, en France, particulièrement fructueuse pour la diffusion du graphisme. Des projets importants ont été développés au sein de grandes institutions ou dans le cadre d'événements temporaires, des initiatives diverses ont été promues par des associations ou des collectivités publiques, des expositions éclairant toutes les pratiques du graphisme ont révélé les créateurs français et étrangers.
La Délégation aux arts plastiques a contribué à l'intérêt nouveau pour cette discipline, en apportant son concours à des manifestations inédites en France, en stimulant les recherches, en sensibilisant les institutions publiques. L'organisation des entretiens "Le signe et la citoyenneté", en 1993, et la mise en œuvre, à partir de 1994, de la publication Graphisme en France, furent deux acquis importants de cette politique de soutien.
Pourtant, en dépit de ce foisonnement d'initiatives, notre pays n'est toujours pas parvenu à favoriser l'avènement d'une culture graphique; le peu d'intérêt que manifestent les institutions culturelles à l'égard du graphisme, la méconnaissance du grand public sont les traits caractéristiques de ce "retard français".
Après plus de dix années d'action publique, il était donc nécessaire d'établir un bilan afin de mieux réfléchir à l'avenir. Cette édition 2002 entend y contribuer en proposant, outre le calendrier des événements de l'année, un inventaire des principaux lieux dont la programmation est consacrée partiellement ou totalement au graphisme, ainsi qu'un état des fonds importants dans ce domaine. Elle contient également la réflexion d'un chercheur qui est l'un des meilleurs spécialistes de la question graphique et qui, à travers une analyse historique, fournit des éléments de compréhension de la situation actuelle.
La création s'est affirmée; il importe désormais qu'une réelle culture graphique se constitue en France, et qu'elle concerne de larges couches de la population. L'enjeu est la reconnaissance pleine et durable du graphisme et, plus globalement, la qualité de notre environnement visuel.
Depuis l'intention plastique jusqu'à la réalisation, la commande dessine le cadre d'exercice concret du graphisme. Elle manifeste le processus par lequel un signe s'inscrit dans l'espace social. À ce titre, la commande, dans son sens large, touche à un enjeu fondamental pour la profession.
L’expression graphique doit faire sens aussi bien en réponse aux besoins précis d'un commanditaire que dans le contexte plus étendu de l'environnement où elle est appelée, pour un certain temps, à circuler.
Si la commande se pratique à deux, elle ne cesse de renvoyer à une tierce partie souvent absente: le destinataire. Entre ces trois pôles se joue la pertinence même de l'acte graphique.
La commande, c'est l'art de construire cette pertinence. Indispensable modalité de rapports entre le graphiste et le commanditaire, elle réclame que l'un et l'autre prennent la mesure de leurs droits comme de leurs responsabilités vis-à-vis de l'expression graphique.
À celles et ceux qui se sentent concernés par les problématiques de la communication visuelle, ce numéro de Graphisme en France offre un éclairage sur les perspectives qui se dessinent. Le calendrier des événements du graphisme, comme chaque année, complète cette réflexion.
Si habituellement Graphisme en France se préoccupe avant tout de la situation du graphisme dans notre pays, le moment semble opportun de se pencher sur la réalité européenne.
Nous avons enquêté dans six pays - Allemagne, Angleterre, Espagne, Italie, Pays-Bas, Suisse - en prenant contact avec des graphistes, des institutions, et des associations professionnelles. Quels sont les signes qui témoignent de l'intégration du graphisme dans la vie sociale ?
Pour répondre à cette interrogation, Graphisme en France 2000 propose un ensemble d'informations montrant la diversité des conceptions et des pratiques.
Cette recherche est une invitation à la découverte, en naviguant sur Internet ou en voyageant dans le monde réel. Comme chaque année, le calendrier d'événements complète cette édition.
La typographie met en forme la pensée, et rend le langage visible à travers une symbolique d'une grande richesse. Présente dans tous les domaines d'activité, inscrite dans la vie quotidienne, au point qu'on la remarque à peine, elle demeure cependant une discipline largement méconnue. Des professionnels -créateurs de caractères, typographes, graphistes- dessinent les polices de caractères ou du moins savent les reconnaître, les apprécier, les confronter. Ce savoir est le fruit d'une patiente initiation où la perception s'affine lentement, à mesure que grandit la connaissance. Depuis un siècle, le graphisme a fondé une large part de son patrimoine en puisant dans la discipline typographique. L'apport des nouvelles technologies, avec pour corollaire la disparition progressive des métiers de correcteur et de compositeur, a conduit les graphistes à intégrer ces pratiques dans leur activité quotidienne, amplifiant ainsi ce phénomène d'appropriation du savoir typographique. Beaucoup s'en sont emparés pour inventer leur propre langage, découvrant la capacité expressive de la lettre.
Graphisme en France, pour sa sixième édition, propose une réflexion sur cette évolution importante, que certains qualifient de « renouveau » de la typographie.
A partir d'une brève analyse historique, un éclairage singulier est offert sur la création contemporaine, ses lieux d'expérimentation et ses tendances. Comme chaque année, cette parution comporte également un calendrier des événements. Fidèle à sa vocation et répondant à une attente de plus en plus grande, Graphisme en France souhaite ainsi développer les initiatives, multiplier les rencontres, encourager le dialogue dans le champ du graphisme et au-delà.
La révolution numérique bouleverse et restructure au niveau mondial presque tous les secteurs d'activité humaine. Pour les graphistes, les changements sont profonds. De nouveaux outils de conception et de production ont transformé fondamentalement la chaîne graphique et modifié sensiblement les pratiques. L'apparition des nouveaux réseaux et du multimédia place la création graphique sur écran à un point crucial de la communication future. Dans ce contexte, à la fois stimulant et incertain, de nouveaux langages visuels propres aux mutations technologiques et culturelles de l'époque sont-ils en train d'émerger?
A tous ceux qui sont concernés par les problématiques de la communication visuelle, ce numéro de Graphisme en France propose de faire le point et offre un éclairage sur les perspectives qui se dessinent. Le calendrier des événements du graphisme, comme chaque année, complète cette réflexion.
La quatrième édition de ce calendrier sort dans une période difficile. Le graphisme est un révélateur sensible de la situation présente d'une société. Ses incertitudes actuelles réflètent les inquiétudes de tous face à la conjoncture économique qui frappe, rappelons-le, non seulement la France mais toute l'Europe. Les budgets alloués à la communication sont en baisse, les commandes sont moins nombreuses. Des ateliers, des institutions consacrées au graphisme ont fermé leurs portes. Ces difficultés se doublent d'une mutation interne du métier lui-même.
La montée de l'infographie redistribue les rôles dans la pratique professionnelle et pose des problèmes fondamentaux qui ne peuvent laisser personne indifférent : les artistes, mais aussi tous ceux qui les entourent, qu'ils soient commanditaires, organisateurs d'exposition, enseignants, étudiants ou simplement spectateurs et témoins.
Paradoxalement, cette conjoncture met aussi en relief l'importance et l'actualité du graphisme. De nombreux créateurs continuent, fort heureusement, à défendre une haute idée du graphisme et à proclamer leur appartenance à ce champ de la création artistique. Des jeunes se lancent dans le métier avec des idées nouvelles. Il s'agit pour tous de traverser les turbulences pour atteindre un cours meilleur. Ce calendrier veut contribuer à cet effort. Il témoigne de la continuité d'un art ; il présente les différentes initiatives prévues pour l'année et il donne la parole à des personnalités d'horizons différents pour exprimer leurs interrogations et leurs espoirs.
Inauguré en 1994, le calendrier du graphisme a atteint son premier objectif: fournir une information de base, essentielle, aux praticiens, aux enseignants, aux étudiants, ainsi qu'aux responsables culturels et aux commanditaires. Des lieux, des écoles, des supports de presse, en France et à l'étranger, on pris ainsi connaissance d'initiatives d'intérêts, de nombreux contacts se sont noués et des démarches communes ont été favorisées.
Le second objectif est de participer à l'élaboration, au renouvellement, d'une culture graphique en France. Pour y contribuer, cette édition propose une liste d'ouvrages essentiels, parus dans le domaine du graphisme.
Dans un monde livré à un déferlement de signes de toutes natures, omniprésents, impératifs, une culture graphique est gage de qualité pour la création contemporaine et d'engagement en faveur d'une attention à l'image.
Avec ce numéro d'Arts info, la Délégation aux arts plastiques affirme son engagement vis-à-vis d'un secteur de la création qui contribue, comme la création industrielle et l'architecture, à modeler notre environnement.
Le graphisme, et plus particulièrement le graphisme d'utilité publique, continue d'être une préoccupation pour tous ceux qui oeuvrent pour la création d'images de qualité dans la vie quotidienne. A travers ses actions, les grands prix nationaux, la commande publique, les allocations de recherche du Fiacre, le soutien à la diffusion, l'enseignement, l'attribution d'ateliers, les aides à l'installation et l'achat de matériel, ainsi que l'organisation d'évènements de sensibilisation, la Dap apporte son soutien au développement de cette discipline de la création contemporaine. C'est grâce à un regard attentif et une demande plus exigeante des commanditaires et usagers que le graphisme pourra pleinement remplir son rôle d'utilité sociale : transmettre des messages et offrir à tous le plaisir de voir.
Le graphisme en France
1994
Longtemps assimilé au seul art de l’affiche, le graphisme français s’affirme actuellement comme une pratique plus complète dont les qualités et la vivacité sont de plus en plus remarquées ici et à l’étranger.
Depuis quelques années un certain nombre d’institutions et de collectivités - grandes et petites - consacrent une énergie et un dévouement exceptionnels à promouvoir le graphisme, français et international, passé et contemporain, en réalisant des expositions et des événements périodiques remarquables, en publiant des ouvrages, en organisant des débats et des rencontres.
Singularité des lieux, diversité et qualité des productions se conjuguent et créent un terrain propice à la sensibilisation d’un large public au graphisme et à ses enjeux.
Ce calendrier doit contribuer à tisser les liens nécessaires entre les différents acteurs, en France, et leurs publics potentiels. Il souhaite aussi répondre à une demande d’informations et d’échanges de plus en plus marquée au niveau international.